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Bonne lecture !

5 sept. 2014

Les dessous d'une classe moyenne agonisante

Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les Ministres,


Qui suis-je pour m’adresser comme ça à vous ? Ce n’est pas un jeu de devinettes, aussi je vais vous annoncer qui je suis – mais avant de vous donner cette réponse, je dois surtout vous dire que je suis une voix. Une voix, oui, mais quelle voix ?

Celle de M. Hally – un étudiant français de 22 ans, qui ne bénéficie pas d’une bourse de l’enseignement supérieur et travaille en complément de ses études pour payer son logement, ses factures et ses frais de scolarité ?
Celle de Mme Legon – une femme française célibataire de 24 ans sans enfant, chômeuse qui ne touche aucun revenu mensuel et est contrainte de retourner vivre au domicile de ses parents en leur donnant à eux, français moyens, des frais supplémentaires ?
Celle de M. Fayard – un homme français célibataire de 28 ans sans enfant, propriétaire d’un petit appartement, travaillant dans la restauration et ayant du mal à boucler ses fins de mois une fois qu’on lui soutire ses factures et ses taxes ?
Celle de Mme Autier – une femme française de 35 ans séparée avec un enfant, chômeuse dont l’indemnisation et les autres aides ne valent pas un SMIC et qui se sur-endette chaque mois de plus en plus pour vivre dans un minimum de dignité ?
Celle de M. et Mme Mignot – un mari français et une femme française de 46 ans avec deux enfants, bientôt les propriétaires d’une maison pour laquelle ils payent un prêt depuis deux décennies en combinant deux SMIC et une poignée d’euros qu’ils tiennent des aides d’une CAF généreuse ?
Celle de M. et Mme Axis – un mari français et une femme française de 52 ans avec deux enfants, propriétaire d’une maison pour laquelle ils viennent de finir de payer un prêt sur vingt ans en combinant deux SMIC et pour laquelle ils ne pourront peut-être plus payer avec la prochaine augmentation des taxes ?
Celle de Mme Aubert – une femme française de 72 ans retraitée, qui ne touche qu’une maigre pension de veuve en complément de son allocation de retraite et qui ne peut même plus travailler pour arrondir ses fins de mois et payer son logement et ses factures ?


Alors, dites-moi, quelle voix suis-je ?
Chacune, et toutes en même temps. Celles que j’ai citées et celles que j’ai encore en tête. Celle que j’ai citées et celles que j’ai tues. Celles que j’ai citées et celles dont j’ignore encore l’existence. Je suis une voix parmi d’autres de cette classe moyenne française – bafouée, rejetée, détruite – mais je suis la voix des français, qu’ils soient jeunes ou vieux, dans une situation de désespoir …


Mais qui suis-je réellement ?
Je suis une jeune femme de 22 ans, ancienne étudiante, titulaire d’un bac +5 en enseignement qui ne trouve pas de travail – dans son secteur ou dans un autre – avec la situation socio-économique actuelle.
Je suis une jeune femme de 22 ans, chômeuse sans allocations et sans RSA, revenant vivre au domicile de ses parents. Ah, non, erreur de situation : mon géniteur est un incompétent qui n’a rien d’un parent. Dans la gamme des parents, il ne m’en reste qu’un seul : une maman. Donc, je suis une jeune femme de 22 ans vivant avec sa maman – elle aussi chômeuse, dont les ressources ne nous permettent pas de nous en sortir dignement.


De toutes les situations citées – ma maman et moi en combinons deux : moi la chômeuse qui n’a pas le moindre revenu et qui s’inscrit comme un fardeau dans la vie de ses parents, elle la chômeuse surendettée qui aimerait vivre avec un minimum de dignité et qui voit ses demandes d’aide rejetées.
Monsieur le Président, mesdames et messieurs les Ministres : Cette combinaison vous semble-t-elle facilement cumulable ? Cette combinaison vous semble-t-elle au mieux supportable ? Je me dois de contredire les « oui » muets que j’entends résonner dans vos cerveaux de dirigeants aveugles, sourds et muets.

Je vais systématiquement donner une réponse aux questions que je vous pose, que le point de vue d’une jeune femme française de classe moyenne vous atteigne et vous fasse sortir de cet environnement élitiste qui vous a vu vous offrir du confort avant de vous offrir une conscience.



La suite arrive d’ici un petit moment. Asseyez-vous, vos illustres fessiers n’attendent que ça. Désirez-vous éventuellement un accompagnement : des toasts saumon-caviar avec une petite flûte de champagne, un cigare en dessert ? Permettez-vous cet écart, vous qui vivez dans le luxe avec de l’argent en guise de valeurs morales !


Question : Que fait le français moyen qui ne s’en sort pas avec ses finances ?

Réponse : Il fait un prêt – s’il peut. Mme la Banque refuse ? Ok, mais qu’en disent les organismes véreux du marché français ? Oui. Oui, évidemment ! Pourquoi diraient-ils non s’ils touchent des sommes faramineuses en complément de l’argent gracieusement avancé ? Ces organismes-ci, connaissent-ils autant de taxes que le français moyen les sollicitant ? Non. Non, évidemment !


Question : Que fait le français moyen qui ne s’en sort pas avec ses finances, malgré son prêt souscrit dans un organisme véreux ?

Réponse : Il s’adresse aux services sociaux. S’il résiste la tâche fastidieuse de créer un dossier avec des documents vieux comme l’univers* ou des documents inexistants et qu’on lui accorde – enfin ! – un rendez-vous, que se passe-t-il ? Dans la plupart des situations, il ne se passe rien de concluant. Nada, niet, nix.
Au mieux, les services sociaux des communes s’occupent de cette facture de téléphone si outrageusement rejetée de vos factures automatisées et vous donnent un contrat pour une aide alimentaire à l’épicerie sociale, aux mêmes fonctions de limitation dans le temps qu’un C.D.D. en usine. Au pire … R - I - E - N. Rien. 


Question : Que fait le français moyen qui ne s’en sort pas avec ses finances, malgré son prêt souscrit dans un organisme véreux et ses rendez-vous constants avec les services sociaux incompétents ?

Réponse : Il s’adresse aux organismes légaux – Conseil Régional, Conseil Général, CAF … en espérant une réponse. Une réponse qui n’arrive parfois pas et qui, même si elle arrive, est rarement encourageante car elle ne fait que renvoyer ce français moyen vers les services sociaux qu’il a contacté systématiquement pour chaque loyer ou chaque facture pour dire que oui, il fait des efforts pour s’en sortir et que non, il ne s’en sort pas mieux.


Question : Que devient le français moyen aux finances désastreuses rejeté par ce fonctionnement interne de notre société, tête de turc de son entourage et mal-aimé de son pays ?

Je vous dresse ici la réponse dérangeante d’une personne détruite, qui n’a rien gagné avec ses études mais qui, avec le chômage et ses aléas, a perdu ce qu’elle avait encore. Je vous dresse ici la réponse dérangeante qu’on rechigne de découvrir car on sait qu’elle est réelle et qu’elle fait mal s’il nous reste un minimum de compassion.

Réponse : Monsieur le Président, mesdames et messieurs les Ministres, ce n’est plus la voix des français moyens qui s’adresse à vous maintenant. C’est la voix de cette jeune femme de 22 ans qui fait de son mieux pour ne pas céder au désespoir et mettre en œuvre les idées noires oppressantes ravageant son esprit désabusé et fatigué. C’est la voix de cette jeune femme qui a cru que faire de longues études pouvait être un avantage dans cette société d’intellectuels. C’est la voix de cette jeune femme qui a rencontré le chômage au détour d’un été et qui ne sait pas s’il existe une cure contre ce fléau grandissant. C’est la voix de cette jeune femme qui a cherché de l’aide partout autour d’elle et qui a encore eu la chance de ne pas se faire renvoyer comme une mal-aimée. C’est la voix de cette jeune femme qui se bat pour cette lueur d’espoir qui s’illumine au loin mais c’est aussi la voix de jeune femme qui ne sait pas si l’espoir est encore en droit de maintenir un pouvoir dominant sur elle. C’est la voix d’une jeune femme qui laisse couler ses larmes de frustration et de douleur chaque soir avant de s’endormir en se demandant ce qu’elle a fait de mal, en se demandant comment les choses peuvent être ainsi et en se demandant ce qu’elle fait de travers pour ne pas s’en sortir dans cette société qu’elle a étudiée et qu’elle aurait aimé construire avec ses pairs, avec la jeunesse française. C’est la voix d’une jeune femme qu’on délaisse – amis et connaissances – pour ne pas avoir sa réussite sur la conscience en se pavanant devant une personne en situation d’échec et sans issue.

Chacun de mes compatriotes – français moyen réaliste – se reconnaît un minimum dans ce monologue à cœur ouvert car chacun de mes compatriotes est un être vivant avec des valeurs humaines et une compassion nourrie de nos points communs.



Monsieur le Président, mesdames et messieurs les Ministres, je vais bientôt tirer ma révérence mais j’avais encore une chose importante à vous annoncer … Nous sommes français avant tout et nous aimons la France mais actuellement, la France – elle – ne nous aime pas ! Ne vous êtes-vous jamais posé la question de savoir comme le français se sent ? Ou pour quelle raison il met autant d’énergie dans la destruction de votre cote de popularité ? Nous sommes incompris et cette incompréhension, c’est la source même du rejet que nous subissons du gouvernement – car la société, c’est vous qui l’avez entre vos mains lorsqu’elle devrait être à nous, nous les français avec vous les dirigeants, ceux que nous avons choisis pour la protéger ... Comprenez-nous. Aidez-nous. Peut-être regagnerons-nous ainsi confiance en vous et votre gouvernement ! Peut-être pourrons ainsi construire main dans la main au lieu de lutter l’un contre l’autre comme des crétins.


Cordialement,
Une voix d’idéaliste, qui en soutient des millions.

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